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  • Cabinet de TOMBEUR

Whiplash : des changements réels dans le cerveau des patients

Dernière mise à jour : 8 avr. 2020


Connu par le grand public avec l’expression « coup du lapin » notamment après un accident de voiture, le whiplash concerne des #traumatismes vécus avec surprise résultant d’une brusque accélération-décélération au niveau du #rachis #cervical.




Après des élèvements jugés parfois anodins, certains patients tardent à consulter avant que ne s'installent des maux de tête, raideurs, douleurs dans le cou (rachis cervical) et la mâchoire. Ces symptômes, appelés troubles associés à l'#entorse #cervicale (#whiplash-associated disorder ou WAD), véritable syndrome post traumatique, sont notoirement difficiles à objectiver par les examens médicaux. Il en est de même pour les lésions tissulaires. Les altérations sont difficilement détectées par les techniques classiques d'imagerie et donc peu utiles pour déterminer le pronostic des whiplash. Des études antérieures ont montré qu'elles impliquaient principalement les #articulations #zygapophysaires (ou interapophysaires postérieures, les articulations entre les arcs #vertébraux).


Indépendamment de la présence de #lésions tissulaires, de plus en plus de preuves indiquent qu'un processus d'hyperexcitabilité centrale se traduit par des seuils de douleur abaissés généralisés qui sont associés à une mauvaise récupération chez les patients atteints de whiplash-associated disorder chronique. Dans ce scénario, les techniques d'imagerie fonctionnelle, telles que les nouvelles séquences d'IRM fonctionnelles ou les techniques d'imagerie de médecine nucléaire (Ex : tomographie par émission de positons ou TEP) peuvent être utiles pour comprendre le mécanisme car elles ont la capacité de fournir un aperçu fonctionnel des processus physiologiques et des voies biologiques in vivo.


Récemment, dans la revue EBioMedicine, des chercheurs ont publié les résultats de leur étude « Altered Regional Cerebral Blood Flow in cWAD » (Chronic Whiplash Associated Disorders) où ils ont voulu vérifier leur hypothèse sur le lien manquant dans la compréhension de la physiopathologie sous-jacente qui pourrait être l'interaction étroite entre le cou et les structures mésencéphales.

Pour cela, ils ont exposé le cou de 20 femmes (8 femmes sans douleur et 12 avec cWAD) a différents niveaux de stimulation électrique (non douloureuse) en scannant leur cerveau par la TEP (tomographie par émission de positons). Des électrodes ont été placées bilatéralement au niveau des processus épineux de la seconde et de la sixième vertèbre cervicale.


Les 4 conditions suivantes ont été utilisées pendant l’expérience :

  • État de repos : pas de stimulation

  • Basse stimulation : au-dessous du seuil de perception

  • Haute stimulation : au-dessus de la contraction musculaire observable ou du seuil de douleur

  • Stimulation de type placebo : la volontaire a été informée qu'elle recevait une stimulation électrique en dessous du seuil de perception, mais le dispositif ne fournissait aucun courant


Ces 4 conditions ont été répétées 3 fois, résultant en un total de 12 scans par sujet. L'ordre des stimulations a été randomisé. La stimulation consistait en un courant constant non douloureux en utilisant une impulsion biphasique, une série de répétition de 50 Hz et d’une durée de 100 μs. Avant le premier balayage TEP, les seuils individuels ont été déterminés par une augmentation lente du courant. Premièrement, on a demandé à chaque bénévole de préciser quand le courant était clairement