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  • Cabinet de TOMBEUR

Avoir confiance en soi, donner confiance en soi...

Dernière mise à jour : 4 déc. 2020



En thérapie brève c’est une demande fréquente, qu’il s’agisse du motif de la #consultation ou d’un objectif secondaire. Les personnes qui annoncent manquer de cette enviable «confiance en soi» ou qui souhaitent que leurs enfants l’acquièrent, nous disent parfois s’être inscrits à des cours de théâtre ou à un dojo d’#arts #martiaux. En acceptant de s’exposer au public ou en apprenant une technique de combat rapproché.


On peut, en effet, s’exercer à l’affrontement d’un adversaire redoutable quel qu’il soit, un autre humain ou sa propre peur.


Comment ne pas y revenir après la défaite du judoka Teddy Riner, invaincu pendant presque 10 ans ?


Le lendemain de cette contre-performance, interrogée par un journaliste, une autre sportive soulignait combien ne pas #échouer pendant longtemps soumet à une #pression forte, peut-être supérieure à celle que l’on subit avant de réussir. N’est-ce pas logique ?


Lorsqu’un sommet est atteint, le seul mouvement possible est la descente, qui décevra :


- le champion,

- son entourage

- et son public empêché de l’admirer encore ;


L’alternative à ce recul, c’est un maintien dans la position de premier, maintien attendu comme une évidence et dont la difficulté n’est pas toujours évaluée justement. Le #sportif est soumis à une injonction de #réussite, ce que connaissent aussi les bons élèves ou les professionnels remarquables dans leur domaine.


Et c’est là que réside le problème : dans l’injonction. Il est intimé l’ordre aux uns et aux autres soit de réussir soit de ne pas échouer. L’enjeu, dans tous les cas est l’#estime, la sienne propre ou celle des autres. Il y a tant à perdre et si douloureusement.


Si la #dévalorisation systématique de l’entourage peut creuser la confiance en soi, l’exact opposé n’est pas forcément plus efficace…


L’enfer des bonnes intentions : prise en charge et compliments



Qui manque de confiance en soi dispose paradoxalement très souvent d’un entourage bienveillant, qui, pour « l’aider » :


– se place très fréquemment, afin que les coups ne portent pas ou moins vivement, en bouclier entre elle ou lui et les situations délicates (ou les personnes impressionnantes) qu’il devrait affronter. Pour lui éviter de perdre confiance.


– Et qui, également, félicite fréquemment à la moindre des réussites ou valorise un peu trop de minuscules progrès. Pour générer de la confiance.


Ainsi que le précise Emmanuelle Piquet :


« Il y a une illusion à penser que l’on peut créer de la confiance en soi, pour ensuite l’insérer à l’intérieur des enfants… comme s’ils étaient un réservoir à remplir. La confiance est une création intime et involontaire, alimentée par le seul fait que son propre créateur l’utilise pour agir.
Pour atteindre cet objectif illusoire, l’artifice du compliment à tout-va, voire de l’extase grandiloquente est souvent de mise. Cette dernière fait plaisir et du bien à la relation, mais n’est pas créatrice de confiance en soi. Car c’est en tombant et se relevant que l’on prend confiance. En se relevant parce qu’on a puisé dans ses propres ressources. »

Dans ses propres #ressources, et non dans celles de qui le prend en charge, car, cette manière de se placer entre son enfant et les situations risquées ou de le valoriser plus que de raison, relève de la prise en charge, qui toujours revient à décréter – implicitement ou non – à quel point on suppose que celui ou celle que l’on protège ainsi est incapable de s’en sortir seul et ne sera jamais valorisé par l’extérieur.


Ainsi, par pure bonté, l’entourage contribue à creuser l’abîme qui s’ouvre sous les pieds de qui manque d’assurance. Car, comment se faire confiance si ceu