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EMDR, douleur chronique et peur du mouvement (kinésiophobie) : résultats d’un essai clinique contrôlé

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    Cabinet de TOMBEUR
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

EMDR, douleur chronique et peur du mouvement (kinésiophobie) : résultats d’un essai clinique contrôlé


Illustration d’un cerveau et des circuits neuronaux impliqués dans l’EMDR. Article informatif sur l’EMDR, dépression et anxiété – Cabinet de Tombeur, EMDR à Saint-Nazaire.
Consultation EMDR Cabinet de Tombeur, Saint-Nazaire

Résumé de l’étude : Une étude clinique contrôlée, randomisée et en simple aveugle a évalué l'efficacité de la thérapie EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) pour réduire la peur du mouvement (kinésiophobie) et améliorer les activités quotidiennes chez des patients âgés souffrant de douleurs musculo-squelettiques chroniques. Soixante-deux participants de 60 à 75 ans ont été répartis entre un groupe EMDR (six séances de 50 minutes) et un groupe témoin (soins usuels). Les résultats montrent une diminution significative de la peur du mouvement, une amélioration des activités de la vie quotidienne (AVQ) et des activités instrumentales (AIVQ), avec un maintien des bénéfices à un mois.


Contexte et indications de l’EMDR


La peur du mouvement, appelée kinésiophobie, est une crainte excessive et irrationnelle de bouger, souvent déclenchée par la douleur. Cette véritable phobie du mouvement touche 50 à 70 % des patients souffrant de douleurs chroniques d'origine musculo-squelettique. Chez les personnes âgées, elle entraîne un cercle vicieux : évitement de l'activité, déconditionnement physique, majoration de l'incapacité et augmentation de la douleur. Les traitements médicamenteux exposent cette population à des risques d'effets secondaires et d'interactions.


Plusieurs études récentes explorent le potentiel de l'EMDR dans la douleur chronique et la

peur du mouvement. L'EMDR, psychothérapie structurée initialement développée pour le trouble de stress post-traumatique (PTSD), fait l'objet d'un intérêt croissant dans le champ de la douleur chronique, car elle cible directement les souvenirs émotionnels qui entretiennent les comportements d'évitement.


Contrairement aux approches cognitives ou comportementales classiques, l'EMDR vise à retraiter les mémoires émotionnelles et les sensations qui alimentent la peur de bouger. Cet essai clinique est le premier à évaluer spécifiquement l'EMDR sur la kinésiophobie et le fonctionnement quotidien chez des patients âgés douloureux chroniques.


Méthode : un essai contrôlé randomisé en simple aveugle


L'étude a inclus 62 participants âgés de 60 à 75 ans, recrutés en consultations externes à Rafsanjan (Iran), souffrant de douleurs musculo-squelettiques chroniques depuis au moins trois mois et présentant une peur du mouvement significative (score ≥ 37 à l'échelle TSK-17, qui mesure la kinésiophobie). Après évaluation initiale, les participants ont été répartis par tirage au sort en deux groupes de 31 :


  • Groupe EMDR : six séances de 50 minutes, à raison de deux séances par semaine, selon un protocole EMDR standard en huit phases adapté à la peur du mouvement et aux spécificités gériatriques.


  • Groupe témoin : soins usuels, sans intervention psychologique spécifique, avec une proposition de traitement EMDR à l'issue de l'étude.


Les trois critères de jugement principaux étaient la kinésiophobie (échelle TSK-17), les activités de la vie quotidienne (AVQ) et les activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ). Les évaluations ont été réalisées avant l'intervention, immédiatement après les six séances, puis un mois plus tard, par des évaluateurs ne connaissant pas l'appartenance des participants aux groupes.


Résultats


Les deux groupes étaient comparables au départ sur l'ensemble des variables démographiques et cliniques (âge, sexe, durée de la douleur, localisations, scores de peur du mouvement, AVQ, AIVQ).


  • Peur du mouvement (kinésiophobie) : dans le groupe EMDR, le score moyen est passé de 36,4 (écart-type 4,7) à 20,4 (3,8) après traitement, et s'est maintenu à 20,9 (3,7) au suivi à un mois. Dans le groupe témoin, le score est resté stable (35,1 → 38,5 → 38,9). Cette diminution est statistiquement significative (p < 0,001) et de grande ampleur.


  • Activités de la vie quotidienne (AVQ) : le score moyen s'est amélioré dans le groupe EMDR (15,0 → 15,6 → 15,7) alors qu'il est resté quasi inchangé dans le groupe témoin (13,8 → 13,6 → 13,6). L'effet groupe est significatif (p = 0,013).


  • Activités instrumentales (AIVQ) : l'amélioration dans le groupe EMDR (7,1 → 8,0 → 8,2) est également significative comparée au groupe témoin (interaction groupe × temps, p < 0,001).


Tous les participants ont terminé l'étude (aucun abandon). Aucun effet indésirable notable n'a été rapporté.


Discussion et limites


Cet essai montre qu'un protocole EMDR court (six séances) peut réduire significativement la peur du mouvement et améliorer l'autonomie fonctionnelle chez des personnes âgées souffrant de douleurs musculo-squelettiques chroniques. Les bénéfices persistent au moins un mois après la fin du traitement. L'EMDR, en retraitant les mémoires émotionnelles associées au mouvement et à la douleur, semble agir sur les réseaux cérébraux de la peur (amygdale, cortex préfrontal ventromédian).


Les limites principales sont l'absence de comparateur actif (le groupe témoin ne recevait pas de psychothérapie alternative), un échantillon modeste issu d'un seul centre, un suivi de courte durée (un mois), et l'utilisation exclusive de mesures auto-rapportées. Ces résultats constituent une preuve d'efficacité préliminaire, qui devra être confirmée par des essais multicentriques avec comparateur actif (par exemple une thérapie cognitivo-comportementale) et un suivi prolongé.


Conclusion


L'EMDR représente une option non pharmacologique prometteuse pour traiter la kinésiophobie et améliorer l'autonomie des patients âgés souffrant de douleurs chroniques d'origine musculo-squelettique. Sa brièveté et son faible impact physique la rendent particulièrement adaptée à une population fragile. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour préciser sa place dans les parcours de soins gériatriques.



Jamshidi T, Ravari A, Mirzaei T, Kamiab Z, Sadrmohammdi R, Abbasifard M. The Effect of EMDR on Kinesiophobia and Daily Living in Elderly Patients with Musculoskeletal Pain: A Clinical Trial Study. J EMDR Pract Res. 2026;20:0026.

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Ostéopathe & Hypnothérapeute

5 Rue de l'Étoile du Matin 
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