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Scoliose idiopathique de l’enfant : une maladie d’origine vestibulaire ?

Mis à jour : avr. 13

Scoliose idiopathique de l’enfant : une maladie d’origine vestibulaire ?


La scoliose idiopathique de l’enfant est une maladie fréquente (3 à 4% de la population mondiale), avec un retentissement somatopsychique pour l’enfant potentiellement lourd (chirurgie, insuffisance respiratoire, douleur, dépression…) ainsi qu’un coût de Santé Publique majeur pour nos sociétés (consultations répétées, examens radiologiques, chirurgie, appareillage…). Connaître la cause de cette pathologie permettrait éventuellement d’en améliorer son dépistage précoce, d’optimiser son traitement, et donc d’en réduire le retentissement et le coût. Plusieurs hypothèses cohabitent actuellement tentant d’expliquer cette maladie, mais aucune n’est actuellement validée.


Une étude récente a montré pour la première fois chez l’animal un lien de cause à effet entre oreille interne et scoliose : en effet chez des têtards de Xénope (grenouille aquatique), une destruction chirurgicale d’une oreille interne à un certain stade de développement induit systématiquement une scoliose chez le Xénope adulte. Ceci s’explique par l’existence de voies vestibulospinales : le labyrinthe postérieur peut induire une contraction ou une inhibition des muscles paravertébraux, entrainant ainsi une déformation en tout point similaire aux déformations rachidiennes observées chez l’Homme au cours de la scoliose.


Cette asymétrie vestibulaire n’est pas compensée en l’absence d’informations proprioceptives (pas de marche terrestre), et devient définitive lors de l’ossification des cartilages de croissance. Si cette hypothèse devait se vérifier chez l’Homme, il serait alors logique de trouver chez les enfants scoliotiques idiopathiques des vestiges de cette asymétrie vestibulaire embryonnaire.


Matériel et méthode


Les objectifs de notre étude étaient de vérifier si les enfants souffrant d’une scoliose idiopathique présentaient bien une asymétrie vestibulaire même si elle avait pu être compensée au cours de la vie (les enfants scoliotiques ne présentent pas de vertiges), et que cette asymétrie est significativement plus fréquente que dans la population générale infantile, mais aussi de vérifier s’il existait des relations entre le type d’atteinte vestibulaire et l’importance ou l’évolutivité des scolioses. Nous avons donc réalisé chez des enfants entre 6 et 18 ans, après examen clinique ORL, des explorations vestibulaires (épreuves caloriques, potentiels évoqués otolithiques sacculaire et utriculaire (PEO). Afin d’interpréter nos résultats, nous avons dû calculer une norme (qui n’existait pas) des PEO chez l’enfant à partir d’un groupe témoin sain. Notre étude était une étude prospective menée de 2011 à 2015.


Résultats


Notre étude est la première à proposer une norme pour l’interprétation des PEO chez l’enfant. Un PEO utriculaire pourrait être défini comme anormal si le ratio d’asymétrie était supérieur à 41, tandis qu’un PEO sacculaire serait anormal si le ratio d’asymétrie était supérieur à 47. La présente étude montre un taux jamais observé d’anomalies vestibulaires chez les enfants scoliotiques (71% des 31 enfants étudiés), tandis que seulement 16% des 43 enfants sains présentent une asymétrie vestibulaire (p ‹ 0,001). Nous n’avons pas retrouvé de corrélation entre le type d’atteinte vestibulaire et l’importance ou l’évolutive d’une scoliose.


Conclusion


Après avoir défini une norme pour les PEO chez l’enfant (ratio d’asymétrie inférieur à 41 pour les utriculaires et 47 pour les sacculaires), nous avons observé un taux d’asymétrie vestibulaire chez les enfants scoliotiques significativement plus important que chez les enfants sains (71% vs 16%, p < 0.001).


Discussion


Les anomalies vestibulaires ne semblent donc pas atteindre 100% des scolioses idiopathiques mais ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons : une sensibilité des tests paracliniques utilisés inférieure à 100% : nous avons peut-être observé des faux négatifs.


Deuxièmement, nos examens paracliniques ne permettent que de calculer un ratio d’asymétrie et non pas un déficit global en valeur absolue du système vestibulaire. Dans notre hypothèse, l’anomalie est embryonnaire. La compensation s’effectue au cours de la croissance de l’enfant, certains patients compensent peut-être plus rapidement que d’autres : nous n’étudions peut-être que des vestiges de l’anomalie vestibulaire initiale.


Troisièmement, nous n’avons pas testé l’ensemble du système vestibulaire : pour être complet il nous manque une analyse de la fonction de tous les canaux semi-circulaires, à haute fréquence. Les scolioses idiopathiques pourraient ne pas être toutes liées à une anomalie vestibulaire. Nous pensons qu’en réalité, il existe de nombreuses anomalies embryonnaires sur le système nerveux central ayant un effet sur la statique rachidienne qui pourrait induire une scoliose. Le système vestibulaire ne serait probablement qu’un exemple d’une cause possible de scoliose idiopathique.


Le travail fournit dans cette thèse appelle d’autres études afin d’étayer le lien de causalité entre anomalie vestibulaire et scoliose infantile, en étudiant notamment des scolioses malformatives ainsi que des scolioses opérées, avec de plus larges effectifs, mais aussi des études thérapeutiques prospectives contrôlées randomisées, étudiant l’effet de rééducation vestibulaire sur la scoliose, et enfin le développement d’un test de dépistage (néonatal ou infantile) vestibulaire permettant de dépister les enfants à risque de développer une scoliose.


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Mots-clés : Scoliose idiopathie de l’enfant, vestibule, utricule, saccule, canaux semi-circulaires, potentiels évoqués otolithiques, épreuves caloriques, oreille interne


Idiopathic scoliosis of child: a vestibular disease ?


Idiopathie scoliosis in children is a frequent disease (3-4% of world population), with potentially heavy somatopsychic repercussions for the child (surgery, chronic respiratory failure, pain, depression…) and major Public Health cost for our societies (repeated consultation, radiological examinations, surgery, equipment (brace)…). Knowing the cause of this disease would eventually improve early detection, optimize its treatment, and thus reduce its impact and cost. Several hypotheses exist alongside attempting to explain this disease, but so far none are currently validated. One recent study showed for the first time in the animal a causality link between inner ear and scoliosis : in Xenopus tadpoles (aquatic frog specie), surgical destruction of one inner ear at some stage of development systematically induced scoliosis in adult Xenopus. This is explained by the existence of vestibulospinal pathways: posterior labyrinth can induce stimulation or inhibition of paraspinal muscles, thus causing a distortion in all respects similar to spinal deformities observed in humans during scoliosis. This vestibular asymmetry is not compensated in the absence of proprioceptive information (no land walking), and becomes final when ossification of the growth cartilages. If this hypothesis was to verify in humans, it would be logical to find remains of vestibular asymmetry among children with idiopathic scoliosis. Material and method: objectives of our study were to verify whether children with idiopathic scoliosis showed vestibular asymmetry even if it had been compensated in life (children with scoliosis do not have vertigo), and whether this asymmetry is significantly more common than in the general infant population, but also to check whether there were relationships between type of vestibular abnormalityand importance of scoliosis or scalability. Therefore we performed in children between 6 and 18 years after clinical ENT examination, vestibular explorations (caloric tests, saccular and utricle otolith evoked myogenical potentials (Vestibular EMP). To interpret our results, we have calculated a standard (which did not exist so far) for child’s PEO from a healthy control group. Our study was a prospective study conducted from 2011 to 2015. Results: our study is the first to propose a standard for the interpretation of VEMP in childhood. A utricule VEMP could be defined as abnormal if the ratio of asymmetry is greater than 41, while a saccular VEMP would be abnormal if the ratio of asymmetry is greater than 47. The present study shows a rate never observed of vestibular abnormalities in children with scoliosis (71% of the 31 children studied), while only 16% of 43 healthy children have a vestibular asymmetry (p < 0.001). We did not find any correlation between the type of vestibular disease and the importance or progression of scoliosis. Conclusion: after setting a standard for VEMP in children (asymmetry ratio below 41 for the bladderwort and 47 for saccular), we observed a vestibular asymmetry rate in children with scoliosis significantly higher than in healthy children (71% vs 16%, p <0.001). Discussion: vestibular abnormalities therefore do not appear to 100% of idiopathic scoliosis but this can be explained by several reasons: a sensitivity of paraclinical tests used less than 100% : we may be observed false negatives. Secondly, VEMP allow only calculate an asymmetry ratio and not an overall deficit in absolute value of the vestibular system. In our case, anomaly is embryonic. Vestibular compensation is performed during growth of the child, some patients may compensate faster than others: we may study only remains of the initial vestibular abnormalities. Thirdly, we have not tested the entire vestibular system: we lack a complete high frequency analysis of the function of all semicircular canals. Idiopathic scoliosis may not be all related to vestibular abnormalities. We believe that in reality there are many anomalies in the embryonic central nervous system affecting the spinal posture which could induce scoliosis. Vestibular system would probably not be an example of a possible cause of idiopathic scoliosis. The provided work in this thesis calls other studies to support the causal link between vestibular abnormalities and infant scoliosis, particularly in studying malformations and scoliosis of scoliosis operated, with larger numbers but also prospective therapeutic studies randomized controlled, student vestibular rehabilitation effect on scoliosis, and finally the development of a vestibular screening test (neonatal or infant) to identify children at risk of developing scoliosis.


Key words : Idiopathic scoliosis of the child, vestibula, utricle, saccula, semicircular canals, vestibular evoked myogenic potentials, caloric tests, innere


François Rubin. Scoliose idiopathique de l’enfant : une maladie d’origine vestibulaire ?. Médecine humaine et pathologie. 2015. ⟨dumas-01231175⟩