Bénéfices de la méditation : tension, stress, troubles du sommeil, concentration, arrêt du tabac...




La prévalence de l’hypertension artérielle est en augmentation et élargir le spectre des mesures à disposition pour sa prévention et son traitement peut être utile. Certaines données de la littérature suggèrent que la méditation pourrait jouer un rôle non seulement dans la gestion du stress, mais aussi dans le contrôle tensionnel et la prévention des maladies cardiovasculaires. Les mécanismes impliqués reposeraient sur la modulation de la réaction #émotionnelle et la réponse biologique au stress, via la régulation du système nerveux autonome. Il s’agit d’une méthode accessible à toute personne intéressée, dénuée d’effets secondaires et ne reposant pas sur un système de croyance particulier.


INTRODUCTION


L’hypertension artérielle (#HTA) est l’un des principaux facteurs de risque #cardiovasculaire (FRCV). Plus de deux tiers des personnes de plus de 65 ans sont hypertendus en Suisse. La tendance actuelle des recommandations internationales d’abaisser les seuils tensionnels pour le #diagnostic d’hypertension artérielle, ainsi que les cibles tensionnelles à atteindre par le traitement antihypertenseur, peuvent avoir comme conséquence une augmentation du nombre de personnes à traiter et des cibles tensionnelles plus difficiles à atteindre. Dans ce contexte, élargir notre palette d’approches non médicamenteuses pour renforcer le #traitement de l’HTA a un sens. Une récente prise de position de l’American Heart Association fait une place à la #méditation pour renforcer le contrôle tensionnel et ainsi la prévention des #maladies #cardiovasculaires (CV).



La méditation est une pratique active ancestrale, vieille de 5000 ans, mettant l’individu dans un état #modifié de #conscience, en éliminant les stimuli extérieurs, afin que l’attention puisse se #concentrer sur une seule chose.


Elle peut s’inscrire dans une pratique spirituelle, telle :


- la méditation transcendantale (MT),

- la méditation bouddhiste ou zen,

- dépourvue de connotation spirituelle,

- la méditation dite de « #pleine #conscience ».


Cette dernière s’est beaucoup développée dans les pays occidentaux, principalement pour la gestion du stress (#Mindfulness Based Stress Reduction, #MBSR).


En 2012, une étude du National Institute of Health a montré que la méditation était la 5e approche complémentaire la plus utilisée par la population américaine, juste après la #chiropractie et l'#ostéopathie. Le but de cet article est de faire le point sur les effets potentiels de la méditation sur la #pression artérielle, le stress et les autres risques cardiovasculaires .


DONNÉES DE LA LITTÉRATURE


Selon une méta-analyse de 2007 portant sur les effets de différents programmes pour réduire l’influence du #stress sur la pression artérielle, l’approche qui était associée à des diminutions de la pression artérielle les plus significatives était la méditation, avec une baisse tensionnelle de l’ordre de -5,0/-2,8 mmHg (p = 0,002/0,02).


D’autres études randomisées contrôlées étudiant les effets de la méditation sur l’hypertension artérielle ont suivi, avec des résultats souvent discordants. Cette hétérogénéité des résultats reflète la diversité des populations étudiées, des protocoles utilisés, de la durée des études, des valeurs tensionnelles seuils et des techniques de mesure tensionnelle utilisées (...)


Globalement, les résultats sont plus marqués chez les sujets âgés, les femmes et les patients qui présentent une pression artérielle plus élevée.


D’après le Job Stress Index 2016, publié par Promotion Santé Suisse, une personne sur quatre éprouverait un stress nocif en Suisse, c’est-à-dire que les contraintes extérieures sont supérieures aux ressources pouvant être sollicitées pour faire face à la « menace ».



Le #stress #psychosocial #chronique est un facteur de risque indépendant favorisant l’ hypertension artérielle et la mortalité cardiovasculaire. Dans ce contexte, la méditation a été largement étudiée et plusieurs études montrent des bénéfices de sa pratique sur :


- le #ressenti du stress,

- la qualité de vie

- et le bien-être psychologique.


La capacité d’attention portée sur les choses et d’acceptation de la réalité développée par la pratique de la méditation, aiderait à tempérer la « réactivité affective ».


Il existe des données dans la littérature scientifique établissant un lien entre les troubles du #sommeil (problèmes à initier l’#endormissement ou à maintenir le sommeil) et l’élévation de la pression artérielle. Des études récentes ont montré que la méditation améliorait la qualité du sommeil. Néanmoins, le lien formel entre la pratique de la méditation, l’amélioration de la qualité du sommeil et son influence sur les valeurs tensionnelles reste à démontrer.


La méditation aurait aussi des effets bénéfiques sur certains facteurs de risque cardiovasculaire. En effet, certains travaux ont démontré une supériorité de différents types de méditation, notamment de la méditation de « #pleine #conscience », sur l’#arrêt du #tabac et le maintien de l’abstinence, comparés aux programmes d’intervention classiques, avec un effet favorable sur la gestion du craving (envie forte) et le contrôle des comportements qui favorisent la #rechute.


D’autres études ont suggéré un bénéfice de la méditation sur la régression de l’#athérosclérose, avec diminution de l’épaisseur de l’intima carotidienne, mais aussi des effets cliniques, avec une augmentation significative de la capacité à l’#effort chez des patients souffrant de maladie coronarienne.


Certains essais de qualité moyenne ont tenté de mesurer l’effet de la méditation sur la prévention cardiovasculaire primaire et secondaire, dont deux études d’intervention courte montrant une diminution étonnante de la mortalité. Des essais plus larges et de plus longue durée sont nécessaires pour consolider ces résultats préliminaires.


HYPOTHÈSES QUANT AUX MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES IMPLIQUÉS


Des études #neurophysiologiques et neuro-#anatomiques suggèrent que la méditation modifie la physiologie et l’anatomie #cérébrale. L’état de vigilance marquée, dans lequel les personnes, sous l’effet du stress chronique, sont en permanence, a comme résultat une stimulation constante du #système #nerveux #sympathique (SNS) et une inhibition du système nerveux #parasympathique (SNP), avec comme corollaire une augmentation de la pression artérielle, une vasoconstriction, une influence sur la variabilité de la fréquence cardiaque, et une augmentation du taux sanguin de cytokines inflammatoires, comme l’interleukine 6.


La méditation permettrait d’améliorer la balance du système nerveux #autonome, en inhibant le système nerveux sympathique et en activant le système nerveux parasympathique. Cela aurait comme résultat une baisse de la pression artérielle et de la fréquence #cardiaque, mais aussi une diminution de l’#inflammation et du #dysfonctionnement endothélial au long cours.


Le stress chronique influence aussi l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien (HHS) entraînant une perturbation des variations nycthémérales du #cortisol et de la réponse physiologique au stress, associée également à une augmentation de l’inflammation.


La régulation de la réponse #émotionnelle via la méditation permettrait d’agir sur l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien, en réduisant l’inflammation chronique et la formation éventuelle des plaques d’athérosclérose (...).


La recherche quant aux effets de la méditation sur le #cerveau, implique des méthodes utilisant l’électroencéphalogramme et l’imagerie par résonance magnétique, notamment fonctionnelle.


Il en résulte que la méditation induirait une neuroplasticité (capacité des #neurones à se renouveler), ainsi que des modifications de structure et de fonction cérébrales. Des changements anatomiques ont été rapportés aux niveaux cortical, sous-cortical et cérébelleux. On constate également des modifications électro-encéphalographiques durables.

Chez les « méditants » expérimentés, la densité de la matière grise dans certaines parties du tronc cérébral, impliquées dans le système nerveux autonome et le #contrôle cardio-#respiratoire, a été décrite comme supérieure à celle de personnes contrôles du même âge.


La méditation mettrait l’individu dans un état de #repos #cérébral, et activerait ce que du point de vue neuroscientifique on appelle le «réseau de mode par défaut» (...)

La pratique de la méditation au long cours permettrait de changer les circuits neuronaux (...), avec une modification de l’activité de certaines régions et de la connexion entre elles, participant ainsi à la plasticité neuronale de ces différentes aires cérébrales.

D’après Gotik et coll., la pratique de la méditation entraîne des changements fonctionnels et structurels du cortex préfrontal, permettant la régulation de l’activité de l’amygdale, dérégulée chez les personnes #stressées.


De plus, des changements structurels et fonctionnels ont été retrouvés dans le cortex cingulaire, insulaire et dans l’hippocampe, dont l’activité, la connectivité et le volume sont aussi plus importants chez les personnes stressées.


Un #programme de #méditation de #pleine #conscience de huit semaines aurait tout autant d’effet sur le cerveau que la méditation traditionnelle pratiquée à long terme.


IMPLICATIONS POUR LA PRATIQUE


La méditation aurait donc un bénéfice potentiel dans la prévention primaire et secondaire des maladies cardiovasculaires et pourrait être intégrée aux approches hygiéno-diététiques. Elle serait non seulement un ajout complémentaire à l’#exercice #physique et aux modifications diététiques, mais elle renforcerait aussi ces mesures, en agissant sur les #comportements néfastes influencés par le stress, comme l’#hyperphagie et la #sédentarité.


Tout comme les autres mesures non médicamenteuses, la méditation pourrait retarder l’initiation d’un traitement médicamenteux ou en renforcer son effet, mais en aucun cas, la méditation ne se substitue au traitement médicamenteux.


C’est une méthode grevée d’aucun effet secondaire, qui ne nécessite pas de système de croyance religieuse ou culturelle et qui est financièrement accessible (...).



CONCLUSION


Certaines données de la littérature suggèrent un bénéfice de la méditation sur le contrôle de la pression artérielle et sur certains facteurs de risque cardiovasculaire, même si ces résultats doivent être confirmés à une plus large échelle et au long cours. Cette méthode pourrait ainsi panacher les mesures d’hygiène de vie déjà en vigueur, pour les patients intéressés.

Catheline Stancu, Caroline Werner, Antoinette Pechère-Bertschi, Sofia Zisimopoulou Rev Med Suisse 2018; volume 14. 1588-1592

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Cédric de Tombeur

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