Médecines complémentaires et lombalgies : que dit la littérature scientifique ?

Mis à jour : mars 15



Les patients souffrant de douleurs chroniques sont souvent demandeurs de médecines complémentaires. C’est un défi pour le médecin de famille de les informer de façon objective, en se basant sur les données de la littérature scientifique. Actuellement, des méta-analyses montrent un effet favorable de l’acupuncture, du massage thérapeutique et de l’ostéopathie pour les lombalgies aiguës. Pour ce qui est des lombalgies chroniques, des méta-analyses ont montré un effet bénéfique de l’acupuncture, de l’ostéopathie, du yoga et du tai-chi. D’autres thérapies semblent bénéfiques, mais demandent encore à être validées.



Cet article revoit l’évidence soutenant les médecines complémentaires les mieux étudiées.


Vignette clinique

Madame P., 58 ans, est connue pour des lombalgies chroniques. Son activité d’infirmière, qu’elle décrit comme lourde physiquement et stressante, est responsable de fréquentes aggravations. Après de nombreuses années à traiter ses lombalgies par du paracétamol, de l’ibuprofène et de la physiothérapie, Madame P. vous dit ne plus vouloir prendre des médicaments qui lui font mal à l’estomac. Elle vous demande de la conseiller dans le choix d’une thérapie « naturelle ».


Plus de 50 % des patients souffrant de douleurs chroniques ont recours aux médecines complémentaires, souvent sans en aviser leur médecin traitant. Il est donc essentiel pour le médecin de famille de s’enquérir de l’usage de médecines complémentaires parmi ses patients. Le choix de celles présentées dans cet article est basé sur la définition de l’OMS, à savoir « un groupe de pratiques de soins qui ne se sont pas dans la tradition d’un pays, ou qui ne sont pas intégrées dans le système de santé dominant »


Certaines médecines complémentaires, comme l’#autohypnose, le tai-chi, la méditation ou le yoga, permettent, moyennant un apprentissage, une pratique à domicile en auto-soin.


Elles donnent un rôle actif au patient et permettent de diminuer les douleurs, le degré de handicap fonctionnel, la #détresse #psychologique ainsi que le recours aux médicaments et aux soins médicaux.


THÉRAPIES COMPLÉMENTAIRES ÉTUDIÉES POUR LES LOMBALGIES AIGUËS


Littératures scientifiques concernant les lombalgies aiguës


RR : risque relatif.

(...) Selon une méta-analyse, l’ostéopathie aurait un effet bénéfique sur les douleurs et la fonction. Elle diminuerait également le recours aux analgésiques et à la physiothérapie, et raccourcirait la durée des arrêts de travail. Même s’ils sont rares, le risque d’effets secondaires graves (aggravation d’une #hernie #discale, dissection de l’artère carotidienne, syndrome de la queue de cheval, etc.), souligne l’importance de référer les patients à un #ostéopathe au bénéfice d’un titre reconnu (ostéopathe CDS en Suisse).


Le #Pilates est une méthode de #gymnastique qui a pour but de #renforcer la #musculature profonde et d’améliorer la #souplesse et la coordination. Selon une revue Cochrane, le Pilates permettrait, en comparaison à des contrôles inactifs, de diminuer les douleurs et d’améliorer la fonction. La comparaison du Pilates à d’autres formes d’exercices ne montre néanmoins pas de différence. Une méta-analyse a révélé que le #yoga permettait une diminution des douleurs ainsi qu’un regain de fonction à long terme. Il manque des études concernant le #taichi, l’#hypnose et la #méditation en pleine #conscience.


THÉRAPIES COMPLÉMENTAIRES ÉTUDIÉES POUR LES LOMBALGIES CHRONIQUES


Littératures scientifiques concernant les lombalgies chroniques


EVA : échelle visuelle analogique ; MBSR : #méditation en pleine conscience ; TCC : #thérapie #cognitivo-#comportementale.


Pour les #lombalgies #chroniques, les guidelines 2017 de l’American College of Physicians ont montré un effet favorable de l’acupuncture, du yoga et du taichi.


En effet, une méta-analyse regroupant près de 18 000 patients a conclu que l’#acupuncture était efficace sur les lombalgies chroniques. L’acupuncture vraie montre un effet supérieur à l’acupuncture placebo (i.e. l’insertion d’aiguilles en dehors des points thérapeutiques), qui reste néanmoins supérieur au groupe contrôle. Les risques liés à l’acupuncture sont limités, si l’on tient compte des rares contre-indications, à savoir une infection locale, une immunosuppression avancée, une anticoagulation mal réglée, un taux de plaquettes inférieur à 50 000/µl, une allergie au métal de l’aiguille (acier) ou, en cas d’électro-acupuncture, la présence d’un pacemaker.15


Une méta-analyse a montré que le #yoga était une pratique sûre, dont le risque n’excédait pas celui du traitement conventionnel ou de l’exercice physique.


Une revue évaluant 50 styles de yoga différents n’a pas montré de différence significative et a conclu que le choix peut se baser sur les préférences des patients. Plusieurs études montrent que le yoga est efficace sur les douleurs et la fonction, et permettrait de diminuer le recours aux analgésiques.


Un essai clinique randomisé contrôlé chez 170 patients âgés de plus de 65 ans, comparant une intervention de yoga et une de #taichi à une intervention contrôle n’a pas montré de différence, suggérant que ces approches pourraient ne pas avoir de bénéfices pour cette catégorie de patients.


Selon une méta-analyse, le tai-chi aurait un effet favorable sur les douleurs, la gêne occasionnée, ainsi que sur la fonction.


La MBSR (réduction de #stress par la #méditation en pleine conscience) se définit comme une conscience attentive sur le moment présent, dans une attitude d’acceptation. Une étude randomisée contrôlée a montré un effet supérieur sur la fonction de la méditation en pleine conscience et de la thérapie cognitivo-comportementale, en comparaison avec le traitement usuel, mais sans différence significative entre les deux méthodes.


Une méta-analyse a montré un effet favorable de l’#ostéopathie sur les douleurs et la fonction, 10 ainsi qu’une diminution du recours aux médicaments et à la physiothérapie.26


Les études concernant le #qigong, une #gymnastique faisant partie de la #médecine traditionnelle chinoise, ne sont pas conclusives à ce jour. Les bénéfices potentiels du Pilates en comparaison avec un groupe contrôle actif sont controversés. Néanmoins, il semble que le Pilates ait un effet favorable sur les douleurs et la fonction, en comparaison avec des contrôles inactifs.


La technique Alexander, qui consiste en un enseignement de relaxation #musculaire et d’adaptation posturale, a également montré des effets positifs sur la fonction, ainsi qu’une diminution du nombre de jours avec des lombalgies.


L’#hypnose aurait un effet favorable, comparable à d’autres techniques de #relaxation. Il semblerait que le #massage thérapeutique soit efficace pour diminuer les douleurs et améliorer la fonction à court terme en comparaison avec des contrôles actifs, et à long terme par rapport à des contrôles inactifs (...).



CONCLUSION


Avec la grande variété de thérapies offertes, le médecin de famille occupe une place centrale dans la coordination et l’évaluation des soins, afin de guider les patients vers les thérapies les plus utiles.


Concernant Madame P., son médecin traitant pourrait lui proposer par exemple du tai-chi ou du yoga, approches qu’elle pourrait ensuite pratiquer chez elle en #auto-#soin. Le rôle du médecin de famille est de définir en collaboration avec son patient non seulement des objectifs à atteindre avec une thérapie, mais également des conditions d’arrêt d’un traitement lorsqu’il s’avère inefficace.


D’autres recherches, utilisant une méthodologie de qualité, sont nécessaires, afin de préciser la place de certaines médecines complémentaires dans la prise en charge des lombalgies, d’autant plus que cette pathologie est fréquente.



Implications pratiques


▪ Le médecin devrait s’enquérir du recours aux médecines complémentaires de ses patients souffrant de lombalgies, tant aiguës que chroniques


▪ Le rôle du médecin de famille est d’accompagner ses patients dans leur démarche de soin, incluant les thérapies complémentaires


▪ Lombalgies aiguës : des méta-analyses ont montré un effet favorable de l’acupuncture, du massage thérapeutique et de l’#ostéopathie. D’autres thérapies, comme le Pilates et le yoga, ont également montré un effet favorable, mais demandent à être validées plus largement


▪ Lombalgies chroniques : des méta-analyses sur l’#acupuncture, l’#ostéopathie, le #yoga et le #taichi ont montré un effet bénéfique. La #méditation en pleine conscience, l’#hypnose, le massage thérapeutique, la méthode #Alexander, le #Pilates et certaines #plantes (Salix alba, Harpagophytum procumbens et Capsicum) auraient des effets positifs, mais d’autres études sont encore nécessaires


Éléonore Aveni, Chantal Berna, Pierre-Yves Rodondi

Rev Med Suisse 2017 ; volume 13. 1300-1303

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Cédric de Tombeur

Ostéopathe & Hypnothérapeute

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