Nouvelles dénominations de la douleur chronique (fibromyalgie, lombalgies, viscérale, émotionnelle)

Mis à jour : 5 sept. 2019


Un vent de renouveau semble souffler sur le monde de l’algologie. Il prend la forme d’un mouvement réflexif général, comme si les progrès quant à la compréhension de la douleur autant que ceux de l’antalgie avaient permis d’atteindre un palier de maturité du domaine, autorisant une prise de recul très bienvenue.


Le renouveau commence par les nouvelles dénominations de la #douleur #chronique proposées pour la 11e édition de la « Classification internationale des maladies », la CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).



Le groupe de travail conjoint de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (l’IASP) et de l’OMS a proposé de séparer la douleur chronique en deux sous-entités :


- la douleur chronique comme maladie (primaire)

- la douleur chronique comme symptôme (secondaire).


La nouvelle entité correspondant à la douleur chronique primaire est définie comme « une douleur située dans une ou plusieurs régions anatomiques, qui persiste ou revient pendant plus de 3 mois et est associée à une #détresse #émotionnelle ou une #incapacité #fonctionnelle significative, et ne pouvant pas être mieux expliquée par une autre condition douloureuse ». Elle comprend des #syndromes #douloureux où la douleur peut être considérée comme une maladie en soi et dont les exemples sont la #fibromyalgie ou les douleurs #lombaires chroniques non spécifiques.


Cette entité a comme principal avantage de reconnaître l’existence de certains types de douleurs chroniques comme un problème propre, les rendant indépendantes à la fois d’une cause #physiopathologique et des classifications #psychiatriques, un changement fort utile notamment en médecine de premier recours où ce motif de consultation est si fréquent.


Quant à la douleur chronique secondaire, elle comprend six conditions où la douleur peut être considérée – au moins initialement – comme secondaire à une maladie ou pathophysiologie identifiée :


- douleurs chroniques cancéreuses

- neuropathiques

- #viscérales

- #musculosquelettiques

- postchirurgicales,

- orofaciales et #céphalées.


Ces entités diagnostiques dans leur ensemble s’insèrent dans une vision #biopsychosociale des maladies et – autre nouveauté – tiennent compte des répercussions fonctionnelles de la douleur.


Plusieurs publications récentes font le choix de partager le savoir et les réflexions d’algologues reconnus avec le grand public


Dans un autre domaine, il est réjouissant de constater que plusieurs publications récentes font le choix de partager le savoir et les réflexions d’algologues reconnus avec le grand public. Qu’il s’agisse de la présentation condensée d’une vision multidisciplinaire de la prise en charge des douleurs chroniques rendue accessible aux patients, ou de l’approche à trois voix proposée par un #neurobiologiste, un #algologue et un #anthropologue pour aborder

« l’Homme douloureux ». Ces travaux, parmi d’autres parus récemment, ont pour projet de remettre le patient porteur de son histoire au cœur du champ d’intérêts de l’algologie.


L’expérience et le vécu douloureux des patients semblent faire aujourd’hui l’objet d’une attention renouvelée. Ceci témoigne du clair retour d’un regard phénoménologique sur le patient en souffrance, accompagné, espérons-le, du même niveau d’#empathie que la douleur soit considérée comme primaire ou secondaire.


Au niveau thérapeutique, les espoirs restent les mêmes que ceux évoqués à cet endroit en 2018, avec des agonistes biaisés des opioïdes, une stratification des patients pour permettre une prescription du médicament ayant le plus de chances de succès en premier, ou même une médecine personnalisée sur des variants génétiques individuels. Malheureusement, ni les concepts ni les médicaments ne sont encore utilisables en clinique.


Parallèlement, les critiques concernant les médicaments actuels continuent : les opioïdes sont toujours montrés du doigt suite à l’épidémie, mais les médicaments de première ligne dans le cadre de douleurs #neuropathiques ont pris leur suite dans la ligne de mire des éditorialistes.


L’usage hors indications de mise sur le marché des gabapentinoïdes et l’élargissement de leurs indications à toutes les douleurs neuropathiques dans les recommandations internationales, suite à leur efficacité dans certaines pathologies seulement, sont sur la sellette.


Dans ce contexte, le dernier congrès de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP, Boston, 2018) s’est terminé par une conférence plénière de Kathleen Sluka, physiothérapeute, PhD, qui a vanté les bienfaits de l’#activité #physique sur la douleur avec des arguments scientifiques tout à fait convaincants. Les médecins ont donc une raison de plus de favoriser la reprise d’activité physique chez leurs patients. Probablement plus difficile que de prescrire une pilule ?


Une raison de plus de favoriser la reprise d’activité physique chez ses patients


En parlant de stratifications complexes des patients selon des phénotypes ou des génotypes particuliers, il est aussi bon de rappeler que la physiopathologie de la douleur chronique, comme peut-être aussi de la #dépression, n’est pas forcément la même selon le genre et que si l’égalité de traitement doit prévaloir dans les deux sexes, une inégalité des moyens ciblant une physiopathologie dépendante du genre fait peut-être partie de la stratification du futur.


En cette période de prise de parole puis de grève des femmes et de débat sur l’égalité, la différence garde tout son intérêt.


Anne-Françoise Allaz, Marc R. Suter | Rev Med Suisse 2019; volume 15. 1251-1252

Douleurs chroniques : du symptôme à l’homme souffrant

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